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Mieux protéger les personnes vulnérables en justice : un projet de recherche du CRIR‑IURDPM

Au Québec, des milliers de personnes vivant avec des difficultés de communication sont exposées à des risques de préjudice lorsqu’elles interagissent avec le système de justice. Hésitations, vocabulaire limité ou posture atypique peuvent être interprétés à tort comme un manque de collaboration ou comme de l’insincérité.

Des chercheurs et chercheuses du CRIR-IURDPM, sous la direction de Stefano Rezzonico (École d'orthophonie et d'audiologie, Université de Montréal) en collaboration avec Vincent Denault (École de criminologie, Université de Montréal), ainsi que des organismes communautaires (par exemple le regroupement TDL Québec) et des intervenants et intervenantes du milieu de la justice, mènent un projet qui vise à approfondir les relations entre les troubles de communication et la perception de la sincérité.

L’objectif : offrir des repères concrets pour sensibiliser et soutenir les policiers, les policières, les juges et l’ensemble des personnes impliquées dans le système de justice aux difficultés de communication dans leurs actes professionnels.

« Nous espérons contribuer à une meilleure compréhension des profils communicationnels pour aider les acteurs et actrices du système de justice à interagir sans préjudice avec les personnes en situation de handicap de la communication. » — Stefano Rezzonico 

Pourquoi ce projet est important

Les personnes en situation de handicap communicationnel peuvent avoir des hésitations, une posture ou un vocabulaire limité qui peuvent être mal interprétés : 

  • comme de l’insincérité ; 
  • comme de la non‑collaboration ; 
  • ou encore comme un signe d’intoxication. 

Ces interprétations peuvent nuire à la crédibilité d’un témoignage, décourager la dénonciation ou mener à des conclusions erronées. 
L’enjeu n’est donc pas seulement clinique : il touche directement l’équité, la sécurité et la justice. 
Pour la direction du CCSMTL, ce type de projet positionne l’organisation comme un acteur engagé dans la défense des droits, l’innovation sociale et le soutien aux populations vulnérables. 

Une collaboration rare entre recherche, police et milieu communautaire

Le projet est né d’un dialogue entre milieux : 

  • la recherche, avec l’expertise du CRIR‑IURDPM ; 
  • le milieu communautaire, notamment le regroupement TDL Québec, qui a porté les besoins des personnes concernées ; 
  • le secteur de la justice, représenté entre autres par des policiers et policières engagés dans un comité de pilotage ; 
  • l’École de criminologie de l’Université de Montréal, par l’implication de Vincent Denault. 

Cette collaboration intersectorielle, encore peu fréquente au Québec, renforce la portée sociale du projet et son potentiel médiatique. 

L’équipe amorce une série d’études : questionnaires, entrevues, mises en situation incluant des récits véridiques et mensongers. Ces données permettront d’identifier les indices qui influencent la perception de sincérité et de proposer des pratiques plus justes. 

Retombées attendues pour les milieux de réadaptation

Les résultats de cette recherche pourraient :

  • transformer la manière dont les forces de l'ordre et le système judiciaire interviennent et interagissent auprès des personnes ayant des troubles de la communication et de la cognition ;
  • soutenir la collaboration interdisciplinaire entre réadaptation, justice et organismes communautaires ;

Sous la sous la co-direction de :

 

Vincent Denault, Ph. D.
Professeur adjoint, École de criminologie, Université de Montréal

Professeur Denault s'intéresse à la crédibilité des témoins, détection du mensonge, communication non verbale

Avec la collaboration de : 

Pascale Dubois, Ph. D.
Professeure adjointe, École d'orthophonie et d'audiologie, Université de Montréal

Professeur Dubois s'intéresse au Troubles du langage, difficultés d'apprentissage, transition vers la vie active, autodétermination